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  La manufacture d'armes de Charleville  

 

 

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En 1667, un réseau de récupération d'armes fabriquées par de multiples artisans autour de Charleville est créé par le ministre Louvois. Officialisée en 1675, la manufacture d’armes de Charleville devient la première manufacture d’armement français. Bien que située à Charleville dans les Ardennes, elle emploie de multiples ateliers de la vallée de la Meuse, notamment à Nouzon. En 1688, le privilège de « manufacture royale » est octroyé à l’ensemble des armuriers de la ville, particulièrement à Victor Fournier, dont la production est réservée au roi. En 1717, le premier modèle de fusil officiel et réglementé de la manufacture paraît. Suivent les fusils produits en 1743, puis 1746, 1754, 1763, 1766, et le célèbre modèle de 1777. La Révolution provoque le changement de nom de la ville en « Libreville », abandonné en 1800. La manufacture connait son apogée sous Napoléon Ier. En 1816, la Restauration réduit considérablement la production d’armes et se concentre sur des armes d'exception comme les fusils des gardes du corps du Roi. Jugée trop près de la frontière, la manufacture est fermée en 1836. Spécialisée dans les armes à feu, ses modèles sont aujourd’hui très recherchés par les collectionneurs

Manufacture d'armes de Charleville | Paul Bert Serpette

   
Pierre1er

Le 24 juin 1717, la Manufacture a l'honneur de recevoir la visite d'un des plus grands souverains d'Europe, Pierre Ier de Russie. L'empereur russe, arrivé la veille de Paris, est sans doute intéressé par la ville nouvelle de Charleville, étant lui-même le bâtisseur d'une autre ville nouvelle, Saint-Pétersbourg. Mais il a tenu également à inclure dans ce passage en Ardennes la découverte de cette fabrique d'armes. C'est Victor Fournier qui accueille cet hôte. exceptionnel et curieux. S'il peut observer les ouvriers à l’œuvre, aucun fusil n'est remis au tsar, pour protéger les secrets de fabrication et les choix de l'armée royale française, cette année 1717 étant celle d'un nouveau modèle de fusil, un modèle dont chaque pièce et chaque proportion sont précisément réglementés, marquant les prémisses d'une longue série, les modèles 1743, puis 1746, 1754, 1763, 1766, et le célèbre modèle 1777.
En 1717 sort la première arme réglementaire (approuvée comme arme de guerre par l'armée), un fusil à poudre noire dont les cotes de chaque pièce sont définies dans un règlement et des matrices, de façon à garantir leur standardisation et leur interchangeabilité. Il est équipé d'une baïonnette, une lame triangulaire, non évidée longue de 14 pouces (38 cm)6, surnommée « la fourchette » dont la base est un système à douille, qui s'enclenche en trois mouvements sur un tenon fixé au bout du canon. À cette époque, le fusil d'infanterie mesure 1,60 m et pèse près de 5 kg, d'un canon lisse de calibre 69 (17,50 mm) qui tire une bille (balle ronde) en plomb de 17,25 mm, propulsée à plus de 100 m par l'explosion de 4 à 8 grammes de poudre noire chargée par la bouche du canon avec une baguette en fer qui sert également au nettoyage. Cette explosion est amorcée par un système à platine dont le chien est pourvu d'un silex blond, venant frapper le couvercle du bassinet qui produit l'étincelle et enflamme la poudre par la lumière percée dans la culasse (fond du canon). Le silex est à changer tous les 50 à 60 coups environ. Le modèle 1717 sera rapidement amélioré par Monsieur de Lavallière et de son adjoint, Monsieur Reynier en 1728.


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